19 Apr
19Apr

{"results":[{"text":"Boissons : jus d’orange, soda light ou zéro…\nDans les rayons des supermarchés, les boissons dites « zéro » ou « sans sucre » sont souvent présentées comme une alternative plus « raisonnable » pour les personnes attentives à leur poids, à leur santé métabolique ou à leur hyperglycémie (c’est-à-dire un taux de sucre dans le sang trop élevé). Il est important de rappeler que les boissons sucrées, parce qu’elles sont liquides, entraînent généralement une hausse très rapide de la glycémie : le sucre est absorbé plus vite que lorsqu’il est intégré dans un aliment avec des fibres, des protéines ou des matières grasses. Cette montée brutale de la glycémie peut aussi favoriser, à long terme, la prise de poids, notamment via l’excès d’apports énergétiques et les variations de l’insuline. À l’inverse, chez les personnes diabétiques, on recommande souvent de garder une petite brique de jus de fruit ou une boisson sucrée à portée de main pour corriger une hypoglycémie (baisse excessive de la glycémie), car l’objectif est alors une action rapide. Pour prendre un repère concret, une canette de soda classique peut contenir l’équivalent d’environ 7 morceaux de sucre. Dans ce contexte, une question revient fréquemment : le soda « zéro » est-il réellement meilleur pour la santé, et permet-il d’éviter de grossir ?\nSoda light ou zéro : sans sucre, donc forcément meilleur pour la santé ? En réalité, ces boissons ne contiennent pas de sucre, mais elles renferment des édulcorants (des substances au goût sucré, souvent très concentrées), qui n’augmentent pas directement la glycémie de la même manière que le sucre. Cependant, il faut rester vigilant : le pouvoir sucrant des édulcorants est généralement beaucoup plus élevé que celui du sucre de table, ce qui entretient la préférence pour le goût sucré et peut renforcer l’habituation à des saveurs très sucrées au quotidien. Autrement dit, même sans calories ou presque, ces boissons peuvent maintenir l’envie de sucré et rendre plus difficile le retour vers des goûts plus naturels (eau, infusions, fruits entiers). Par ailleurs, si certaines inquiétudes historiques, comme l’hypothèse d’un risque de cancer de la vessie, ont été écartées faute de preuves scientifiques suffisantes, d’autres pistes de recherche restent discutées : impact potentiel sur le microbiote intestinal, sur la régulation de l’appétit, ou sur le risque d’insulinorésistance chez certaines personnes. Ces éléments ne signifient pas que les sodas « zéro » sont dangereux à court terme, mais qu’ils ne doivent pas être considérés comme une boisson « santé ».\nOn lit ainsi : « il n’existe aucun bénéfice de la consommation d’édulcorants intenses sur le contrôle du poids, sur la glycémie chez les sujets diabétiques ou sur l’incidence du diabète de type 2 » (ANSES, 2018). Autrement dit, remplacer systématiquement le sucre par des édulcorants n’apporte pas, en moyenne, les effets attendus sur le poids ou le contrôle glycémique. Cette conclusion invite à dépasser l’idée d’une simple substitution « sucre vs édulcorant » et à regarder l’ensemble des habitudes : fréquence de consommation, contexte alimentaire, compensation par d’autres aliments, et place de l’eau comme boisson de référence.\nD’autres types de boissons… ? À travers de nombreuses enquêtes alimentaires menées auprès de la population française, j’ai constaté que beaucoup de personnes commencent leur journée avec un verre de jus d’orange au petit-déjeuner, parfois par habitude familiale, par recherche de vitamines, ou parce que cela semble « plus naturel » qu’un soda. Cette pratique est très ancrée culturellement : le jus est souvent associé à une routine « saine », rapide et pratique, notamment quand on manque de temps le matin. Mais le jus de fruit est-il réellement un meilleur choix sur le plan nutritionnel, en particulier lorsqu’il est consommé quotidiennement ?\nLe jus de fruits à base de concentré a peu ou pas des qualités que l’on associe au fruit entier. En pratique, les fruits destinés au concentré sont souvent chauffés à haute température (autour de 90 °C) puis déshydratés afin d’obtenir une base concentrée ou une poudre. Lors du reconditionnement, on reconstitue le produit en ajoutant de l’eau, et il peut aussi y avoir, selon les références, des ajustements de goût et de stabilité (par exemple arômes, sucre, colorants ou conservateurs). Le résultat final est une boisson standardisée, pratique et stable, mais éloignée du fruit frais sur le plan de la fraîcheur, de la complexité nutritionnelle et de la satiété procurée.\nLe jus d’orange « 100 % » sans sucres ajoutés semble, à première vue, une option plus intéressante, mais il faut nuancer : une grande partie des bénéfices attribués aux fruits frais est fortement diminuée. Exposées à la lumière, à l’oxygène et à la température ambiante, certaines vitamines (comme la vitamine C) se dégradent progressivement, même si le produit reste conforme sur le plan sanitaire. De plus, l’extraction du jus élimine presque toutes les fibres, alors que ce sont elles qui ralentissent l’absorption du sucre, participent à la santé digestive et augmentent la satiété. Au final, même sans sucres ajoutés, il s’agit d’une boisson sucrée, rapidement absorbée, et généralement moins intéressante sur le plan nutritionnel qu’un fruit entier. Par exemple, un verre de jus peut correspondre à plusieurs oranges en sucre, mais sans l’effet « coupe-faim » du fruit mâché.\nAlors, que faut-il faire ? L’objectif n’est pas nécessairement d’interdire, mais de hiérarchiser : l’eau doit rester la boisson principale, et les boissons sucrées (même « naturelles » comme certains jus) doivent rester occasionnelles. Si l’on apprécie le goût, on peut réduire la fréquence, diminuer les quantités, ou allonger le jus avec de l’eau (type « spritz » maison) pour limiter la charge en sucres. On peut aussi privilégier des alternatives non sucrées : eau pétillante avec une rondelle de citron, infusion froide, thé non sucré, ou simplement de l’eau aromatisée maison (menthe, concombre, agrumes).\nLe mieux, c’est de manger un vrai fruit plutôt qu’un jus de fruit. Le fruit entier apporte non seulement des vitamines et des antioxydants, mais aussi des fibres, une mastication (qui favorise la satiété) et une libération plus progressive des sucres. À titre personnel, j’ai mis plusieurs années à convaincre mon mari d’arrêter son verre de jus d’orange du matin, une habitude qu’il avait depuis plus de 30 ans, et de le remplacer par un fruit au petit-déjeuner. Ce changement, simple en apparence, a eu des effets positifs au quotidien : il tombe moins malade en hiver, ce qui peut s’expliquer par une alimentation globalement plus favorable à son immunité, et il a meilleure mine, probablement grâce à l’apport régulier de nutriments et de composés protecteurs impliqués dans le renouvellement cellulaire. Ce type d’exemple illustre qu’une amélioration durable vient souvent de petits ajustements répétés, plus que de solutions « miracles » en boisson."}]}

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